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Sommes-nous tous devenus franglais ?

septembre 21st, 2012 · No Comments · Non classé

Un mea culpa qui s’impose. Longtemps, je me suis gentiment moqué des Français qui passaient leur temps à mélanger le français et l’anglais pour vomir une espèce de langage personnel aux teintes de yaourt. Je réalise aujourd’hui qu’on y vient tous plus ou moins.

Il me semble que c’est difficile à envisager tant qu’on n’a pas vécu à l’étranger un bon moment. Mais à être baigné 24h/24 dans une langue et une autre culture, on en vient à penser dans la langue, à rêver dans la langue… Et les conversations du quotidien faites de « anyway… you know… sure thing… let’s meet ASAP… » s’infiltrent rapidement dans la langue d’origine. Selon moi, il ne faut pas excuser ce langage vicié parfois insupportable mais on peut essayer de comprendre son origine.

Le franglais comme signe d’acculturation ?

Alors, d’où vient cette propension à parler une troisième langue ? La facilité ? La paresse ? Le style ? Peut-être un peu des trois. Mais surtout, l’habitude. A parler anglais toute la journée, on en vient à avoir des mots anglais plus facilement en tête. Ça vient souvent plus vite, allez comprendre. Cela permet aussi de s’épargner le besoin de chercher le vocabulaire dans sa propre langue maternelle.

Les linguistes et sociologues pourront me contredire mais il me semble que c’est un signe d’une certaine acculturation (quand le contact entre deux cultures entraîne des modifications dans les modèles culturels initiaux de l’un des deux groupes). Peut-être même est-ce le signe d’un début d’intégration ? D’assimilation ?

Le drame est selon moi quand on franchit la limite du raisonnable. Vous en connaissez tous, j’en suis sur, des gens hyper cools qui parlent comme ça : « tu comprends, you know, this is just l’histoire d’un business qui a marché. A guy who actually a réussi. C’est ça qui est fantastic around here. You come and bam, tu fais ton business! »… Et je caricature à peine.

Faut-il avoir peur du mimétisme culturel…

Certains puristes verront derrière cette tendance l’illustration d’un impérialisme linguistique de l’anglais sur les autres langues et singulièrement le français. Je ne suis pas un fervent défenseur d’une langue française figée qui ne devrait plus évoluer. Je ne crois pas non plus tellement dans les traductions souvent ridicules des expressions anglaises (podcast ou baladodiffusion ?) mais sommes-nous encore capables de nous exprimer correctement?

Qui parmi les Français de Londres sait comment on appelle un « shift » en français? Un planning horaire? Qui sait encore que « casual » peut souvent être remplacé par « décontracté » ? Je sais bien que c’est plus cool de parler à moitié en anglais, une pinte à la main mais c’est comme si, à l’usage, en dans un élan de paresse intellectuelle, on perdait notre vocabulaire !

Je me souviens de ce prof à la fac qui m’avait interpellé sur le langage texto (que sincèrement j’ai du mal à comprendre). Il me disait que, selon lui, qu’importe qu’on puisse déformer/détruire le langage. L’important était que l’on puisse continuer à communiquer.

La forme est-elle plus importante que le fond ? Faut-il dramatiser ? Quand mes potes marocains parlent un français où un mot sur 4 est de l’arabe (ou l’inverse), est-ce qu’ils se prennent des réflexions « oh, comme tu te la pètes?!!! »

Bref, let me know ce que ça vous inspire !

[ post by Jr ]

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